TROISIÈME WEEK-END DU FESTIVAL

PASSIONS ROMANTIQUES ET QUELQUES FANTOMES

Tentés d’en savoir plus sur le « cas Gould », des admirateurs passionnés du pianiste se sont réunis à Nohant autour de Bruno Monsaingeon et de Jean-Yves Clément, auteurs de films et d’ouvrages à son propos. Devant la caméra qui le filme au plus près de son art, Glenn Gould se métamorphose tour à tour en cantor et en chef d’un orchestre imaginaire mais surtout, comme l’ont souligné les deux intervenants, en pédagogue inspiré visant à révéler au public dont il avait grand souci, la structure même de la musique.
Passion aussi, celle du clarinettiste Karl Leister qui fêtait à Nohant ses 60 ans de carrière dont 30 au Philharmonique de Berlin sous l’ère Karajan. Accompagné par Yves Henry au piano et les membres du Leipziger Streichquartett, il a délivré un magnifique trio en la mineur de Brahms et l’une des plus belles œuvres de musique de chambre de Mozart, le quintette en la majeur dont les musiciens ont bissé le final pour le plus grand bonheur du public.
Tremplin-découverte du dimanche, passion encore mais d’une autre nature : celle de la jeune pianiste Marie-Ange Nguci qui, victime d’un grave accident, a tenu à honorer son engagement envers le Festival. Arrivée sur scène à l’aide de ses béquilles, elle a été soutenue tout au long de son récital par un public enthousiaste mais surtout par son exceptionnel talent de déjà grande artiste, interprétant entre autres, une superbe chaconne en ré mineur Bach/Busoni. Marie-Ange sera en concert à Gaveau en novembre. A ne manquer sous aucun prétexte !
Et pour en finir avec la passion, l’amoureuse, la contrariée et la désespérée, celle de Franz Kafka pour Milena Jesenska, mise en scène dans une création originale pour le Festival. Dans sa correspondance, Kafka déclare sa flamme à l’écrivaine sans lui épargner le moindre atermoiement d’un cœur et d’un esprit pour le moins… kafkaïens. Las, Milena ne voudra pas partager avec lui les fantômes qui le hantent. Tandis que l’acteur Robin Renucci, tout en subtilité, délicatesse et humour, fait revivre cette passion absurde et malheureuse, Nicolas Stavy la traduit au piano en jouant avec une immense sensibilité, des œuvres de Chopin, Liszt et Rachmaninov ainsi que la chaconne de Bach en ré mineur transcrite cette fois-ci pour la main gauche par Brahms. Celle du cœur…

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