Nohant Festival Chopin 2017 Yves Henry

En juillet, au Festival (suite et fin)

Itinéraire d’un festivalier gâté.
Chacun sa route, chacun son chemin… et à Nohant, chacun son Chopin ! Pendant une semaine, une nouvelle génération de pianistes a revisité l’œuvre du compositeur : Kotaro Fukuma les Préludes, Lucas Debargue les Scherzi, Martin Ivanov les Valses, Pavel Kolesnikov les Mazurkas, sans oublier Adam Laloum et son interprétation si personnelle de la Sonate n°3 et de la Polonaise-fantaisie en la bémol majeur de Chopin. Le festivalier assidu a ainsi pu comparer les styles très différents de chacun de ces jeunes interprètes, tous de grand talent.
Pour aller encore plus loin, ce festivalier studieux pouvait aussi rejoindre la cohorte toujours plus nombreuse de mélomanes qui se pressent au Théâtre de La Châtre pour assister à un autre rituel du Festival : les masterclasses. Ce matin-là, trois jeunes pianistes en résidence, Dmitry Sin (Ecole Normale de Musique Alfred Cortot de Paris), Kojiro Okada (Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris) et Kamil Pacholec (Institut Chopin de Varsovie), se livraient à une exégèse des Ballades de Chopin sous la férule bienveillante d’Yves Henry. La main droite, crescendo, la main gauche decrescendo et gare à la pédale à n’actionner que sur une moitié de mesure comme l’a indiqué le compositeur, très méfiant quant à l’élan lyrique que sa musique peut susciter chez l’interprète. Un exercice délicat sur lequel se fracassent bien des talents. En salle, le public retient son souffle. Sur scène, le jeune pianiste rejoue ladite mesure. Pas si mal mais on recommence… C’est mieux mais on refait encore une fois… puis une autre pour être bien sûr. Le public entend la différence et applaudit.
Chopin, le musicien mais aussi l’inspirateur du poète, en l’occurrence Jean-Yves Clément auteur des « Nuits de l’âme », 21 poèmes composés d’après les 21 Nocturnes interprétés lors de ce concert littéraire par Bruno Rigutto devant un auditorium archicomble. Preuve s’il en fallait que la poésie, la littérature et le romantisme ont de beaux jours devant eux, ce que corrobore le succès des spectacles littéraires donnés dans le Parc du Domaine de Nohant par l’acteur Nicolas Vaude autour des plus belles pages de George Sand.
Pour clore le Festival, les trois jeunes pianistes en résidence ont enchanté le public avec un superbe concert Chopin puis en bis, une Marche Turque vengeresse et déjantée d’après la version d’Arcadi Volodos et les notes entrainantes de la Polonaise militaire jouée à huit mains par Yves Henry et ses élèves, scandée par un public ravi.
Concluons l’édition 2017 sur quelques notes nostalgiques et quelques vers de circonstance écrits par Jean-Yves Clément d’après le Nocturne Op. 62 n°2 en mi majeur composé par Chopin l’été précédent son départ définitif de Nohant.
Arc de l’âme
De l’aube à midi
La vie à jour
Si belle et déplorée
Il faut partir
Avec la beauté
Comme seul adieu

Comments

  1. Reply

    Magnifique ce festival 2017 ! Malheureusement la disparition de Gonzague de Saint Bris assombrie cette édition.

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