Compte-rendu week-end des samedi 15 et dimanche 16 juin 2024

Compte-rendu week-end
des samedi 15 et dimanche 16 juin 2024

Lors de ce deuxième week-end du Nohant Festival Chopin, dans un contexte agité doublé d’un temps froid et pluvieux, un public nombreux était accueilli dans la Bergerie-auditorium du domaine de George Sand par Sylviane Plantelin, la vice-présidente du Festival et Jean-Yves Clément, le conseiller musical et littéraire. Rassemblé sous la bannière commune de l’excellence artistique, le public venait plébisciter à l’unisson deux grandes stars du piano, Alexandre Tharaud et Benjamin Grosvenor, l’excellent Quatuor Arod ainsi qu’un jeune pianiste prometteur Dmytro Semykras.

Olympiades pianistiques

En ouverture du week-end, la projection du film Pianoforte du réalisateur Jakub Piatek nous immerge dans les coulisses du plus grand concours de piano au monde, le Concours Chopin de Varsovie. Nous suivons six jeunes candidats dans un entrainement digne des plus grands champions. Entre rires et larmes, pression et relaxation, persévérance et renoncement, fol espoir et dépression, nous découvrons les facettes parfois cruelles de cette course d’obstacles d’une exigence folle dont les vainqueurs verront s’entrouvrir, pour certains, les portes d’une carrière internationale. (Ce film peut être visionné sur https://www.arte.tv/fr/videos/114228-000-A/pianoforte-le-concours-frederic-chopin-a-varsovie/)

Tous pour un !

Impatience de découvrir « en live » le Quatuor Arod, évoqué dans le documentaire « Ménage à quatre » de Bruno Monsaingeon, projeté l’an passé au Festival. Au programme, le Quatuor à cordes n° 14 de Beethoven, œuvre qui eut droit aux hommages dithyrambiques de Schubert, Berlioz et Wagner. Et aussi ceux du public de Nohant qui a su apprécier à la hauteur de l’interprétation talentueuse des Arod, cette œuvre prophétique dont chaque mouvement préfigure les musiques du futur. Puis, très attendu, Alexandre Tharaud, rejoignait le quatuor pour interpréter le Quintette pour piano et cordes n° 1, une œuvre sombre de Gabriel Fauré, illuminée par le jeu clair et sonnant du pianiste. Un moment de pure métaphysique fauréenne qui s’achèvera sur un Cantique de Jean Racine qui restera dans les mémoires comme un grand moment de communion du public.

Miniatures

Dimanche matin, le tremplin-découverte accueille un jeune pianiste ukrainien, Dmytro Semykras, Premier Prix du Concours d’Ile-de-France et du Prix du Nohant Festival Chopin. Jean-Yves Clément nous invite à une visite du parcours musical qui nous attend : ce sera une suite de « miniatures fréquentes dans l’univers pianistique ». En illustration, il cite ce mot de Debussy sur Brahms « Fuyons, il développe ! ».
Ce seront donc deux Sonates de Scarlatti « parmi les 550 qu’il a composées » puis trois Intermezzi de Brahms dont « l’œuvre est traversée par la douleur », puis la Valse n° 14 de Chopin, 5 Préludes de Scriabine et pour terminer, quoique raccourcie sur suggestion d’Horowitz, une œuvre plus longue, « un big bang sonore » nous prévient Jean-Yves Clément, la Sonate n° 2 de Rachmaninov. Prêt pour le voyage, le public plébiscitera la délicatesse alliée à la puissance de ce jeune virtuose à la forte personnalité, qui fera sonner les cloches de Rachmaninov jusqu’à Novgorod. En bis, nous aurons une Scène d’enfant de Schumann suivi d’une parfaite Sonate de Scarlatti.

No comment

Dimanche après-midi, Benjamin Grosvenor – qui figure dans le trio de tête des grands pianistes actuels -, s’installe au piano de concert Bechstein devant un parterre d’admirateurs venus en rangs serrés. Beau programme : en avant-propos, les Intermezzi de Brahms seront suivis de deux œuvres de Liszt, la Sonate en si mineur et la Berceuse, et pour clore le récital, la Sonate n° 3 en si mineur de Chopin. Impossible de trouver les mots pour commenter ce récital : la perfection ne s’explique pas. Soulignons juste que sous les doigts de l’artiste, les œuvres y compris les plus déconcertantes, s’illuminent pour trouver le chemin de l’assentiment. Benjamin Grosvenor est un éclaireur, le signe premier du grand artiste.
Délire d’applaudissements avant trois bis, le Nocturne posthume op. 20 de Chopin, la Danse des Lutins de Liszt puis une transcription d’Horowitz d’une marche américaine entraînante qui conduira un public comblé vers la sortie.

A venir au domaine de George Sand (Centre des monuments nationaux)
Vendredi 21 juin
18h : causerie-rencontre d’Yves Henry et Jean-Yves Clément à l’occasion de leurs 30 années de collaboration au service du Festival (entrée et placement libres).
Samedi 22 juin
16h : Projection du film de Bruno Monsaingeon « Klaus Mäkelä, vers la flamme »
20h30 : Récital de Yulianna Avdeeva, piano (Beethoven – Chopin – Liszt)
Dimanche 23 juin
11h : Récital de Juliette Journaux, piano (Schubert – Wagner – Schoenberg – Posa – Mahler)
16h : Concert de Marc Coppey, violoncelle et François Dumont, piano (Fauré – Liszt – Chopin)

©Martine LE CARO
©Martine LE CARO
©Martine LE CARO
©Martine LE CARO
©Martine LE CARO
©Martine LE CARO
©Martine LE CARO
©Martine LE CARO
©Martine LE CARO