Édito Jean-Yves Clément

Conseiller musical et littéraire

On célèbre en 2020 le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven. Trait de caractère devenu trait esthétique, l’héroïsme en musique vient en ligne droite du compositeur allemand qui en fit
d’emblée une posture humaniste et universelle. Si Liszt, qui considérait Beethoven comme son père spirituel, la reprit entière, l’héroïsme de Chopin est d’une autre nature ; sans théâtre, sans témoin, reposant sur un dramatisme vécu, qu’il soit dû à l’arrachement de sa patrie ou à sa maladie qui croîtra au fur et à mesure de son éloignement, bientôt définitif.

Une certaine grandeur d’âme, voilà comment on pourrait définir plutôt l’héroïsme chez Chopin. Liszt encore le relève dans l’ouvrage qu’il consacre à son ami en 1851, et d’abord à travers les fameuses Polonaises : « Les plus nobles sentiments traditionnels de l’ancienne Pologne y sont recueillis. Martiales pour la plupart, la bravoure et la valeur y sont rendues avec la simplicité d’accent qui
faisait chez cette nation guerrière le trait distinctif de ces qualités. »

La vie entière de Chopin est donc bien à placer sous ce mot, qui englobe son rapport à la Pologne autant qu’à sa vie. Car perdre la Pologne, pour lui, c’est déjà commencer à perdre la vie ; comme quitter Nohant, en 1847, au terme de sa liaison avec George Sand, équivaut à abandonner la terre de sa fécondité — a fortiori abandonner la terre tout court, pour une terre désormais purement musicale…

Autant d’aspects qui rythmeront cette 54e édition au travers de ses multiples concerts, spectacles ou
causeries diverses, donnés par des artistes prestigieux : Nelson Freire, Arcadi Volodos, Ludmila Mikaël, Alexandre Kantorow, Julie Depardieu, Rafal Blechacz, Gautier Capuçon, Till Fellner, etc.

Pour un romantisme héroïque !



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