Une soirée de lancement « Héroïque »

Hôtes d’un soir de la Salle Cortot à Paris,  Yves Henry, le Président, Sylviane Plantelin, la Vice-Présidente et Jean-Yves Clément, le Conseiller musical et littéraire du Nohant Festival Chopin, ont accueilli le mercredi 4 mars public et partenaires du Festival, ravis de se retrouver pour la soirée de présentation en avant-première de la 54e édition du Nohant Festival Chopin.

Devant une salle au grand complet, Yves Henry et Jean-Yves Clément ont dévoilé les grandes lignes de la programmation du prochain Festival qui aura pour thème « Beethoven, Chopin et l’héroïsme romantique ». Après avoir distingué l’héroïsme spécifique à chaque compositeur, Jean-Yves Clément a enthousiasmé la salle en soulignant une troisième forme d’héroïsme, celui du public venu assister en nombre au lancement du Festival malgré un contexte hautement anxiogène.

La soirée était honorée de la présence de l’ambassadeur de Pologne. Dans un discours très chaleureux, Thomasz Mlnarski a rappelé l’universalité des valeurs de la musique et salué les liens étroits créés entre les deux pays autour de Frédéric Chopin. Jean-Luc Meslet a évoqué, quant à lui, le plaisir d’accueillir chaque année une pléiade d’artistes au Domaine de George Sand dont il est l’administrateur,  tout en soulignant le rayonnement du Festival dans toute la région.

Puis place a été faite à quelques-uns des musiciens qui seront en concert à Nohant cet été. En ouverture et en hommage à Aldo Ciccolini, décédé il y a juste cinq ans et à l’origine de la création du Festival en 1966, deux de ses disciples,  Akiko Ebi et Yves Henry ont donné à quatre mains, une œuvre en phase avec le thème du Festival, La Marche  Militaire n° 1 en ré majeur de Schubert. Puis, un jeune pianiste japonais, Tsubasa Tatsuno, brillant élève de l’école de Musique Alfred Cortot, a pris le relai en interprétant la Polonaise Héroïque n° 6 en la bémol majeur.

Après cette introduction martiale, place fut faite à l’improvisation, une pratique répandue chez les compositeurs romantiques lors de leurs récitals comme l’a rappelé Yves Henry. Fidèles à cette tradition, Jean-Baptiste Doulcet, 4e Prix et Prix du public du Concours International Long-Thibaud, s’est lancé dans une improvisation remarquable et inspirée sur la 7e Symphonie de Beethoven, tandis qu’un peu plus tard dans la soirée, le pianiste-compositeur-universitaire Karol Beffa, faisait un grand écart pianistique, improvisant, à la demande du public et dans une même séquence, sur des thèmes de Bellini et de Bartók.

La musique française fut aussi à l’honneur avec des œuvres de Gabriel Fauré qui était un grand admirateur de Chopin. Le duo Pascal Amoyel au piano et Emmanuelle Bertrand au violoncelle excellait dans les mélodies Après un rêve  et Elégie en do mineur tandis que Clément Lefebvre, un des tremplins-découvertes de l’été dernier, interprétait un très sensible Nocturne n° 6 en ré bémol majeur, op. 63 du compositeur.

Puis retour à Chopin, avec le pianiste italien Vittorio Forte dans une interprétation toute en élégance et en délicatesse de  la Grande Valse Brillante et de la Valse en mi mineur tandis que le pianiste cubain Jorge Gonzalez Buajasan, en lice pour le prochain Concours Chopin de Varsovie,  ravissait le public avec la Ballade n° 2 en fa majeur op. 38 du compositeur.

Autre belle révélation de la soirée, Adi Neuhaus. En digne héritier d’une grande lignée de pianistes,  c’est avec une époustouflante maîtrise qu’il a joué deux œuvres d’Alexandre Scriabine, le Prélude op. 9 pour la main gauche et la Sonate n° 4 en fa dièse majeur, op. 30.

En finale, Thomas Lefort au violon accompagné par Yves Henry, ont interprété successivement le virtuose Rondo Capriccioso en la mineur, op. 28 de Saint-Saëns puis une transcription pour violon et piano du Nocturne posthume en do mineur de Chopin, à l’émotion sublimée par le chant du violon.

Cette chaleureuse soirée augurait  bien de la qualité artistique de la prochaine saison du Festival. Rendez-vous est donc donné du 6 juin au 21 juillet chez George Sand à Nohant où se retrouveront tous ceux – artistes, spectateurs et partenaires – qui sont convaincus que l’art, et plus encore la musique, bien au-delà des contingences,  confère toute sa valeur à la vie.

Oui, l’époque est plus que jamais à l’héroïsme !



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